Les collectivités locales européennes adoptent l’open source

Une étude commandée par l’Union européenne auprès de 4000 collectivités de 13 pays membres illustre les différents usages des logiciels libres. Leur capacité à s’adapter aux solutions propriétaires est la principale motivation pour les adopter.

Les logiciels open source séduisent les administrations publiques en Europe. Selon une étude menée par l’Université de Maastricht, 49% des collectivités régionales ou locales interrogées (*) ont installé des logiciels libres.

Il faut ajouter à ce chiffre les 29% d’administrations qui utilisent de telles applications, sans apparemment connaître leur nature. Dans ce cas, les personnes interrogées ont répondu que leurs services utilisaient bien des logiciels GNU/Linux, MySQL ou encore Apache, mais sans savoir qu’il s’agit de logiciels libres.

Les collectivités locales ne justifient pas leur passage à l’open source comme un choix politique. Les auteurs de l’étude notent qu’ils sont «le plus souvent utilisés de façon partielle, en tant que supplément, plutôt qu’en tant que logiciel principal. C’est vrai pour les logiciels applicatifs et ça l’est encore plus pour les systèmes d’exploitation».

Avantages: flexibilité, interopérabilité, coût

40% des administrations ont un ou plusieurs logiciels open source installé sur leurs serveurs, en complément d’autres solutions. Ce chiffre tombe à 16% pour les ordinateurs de bureau. Selon l’étude, 20% des collectivités ont entamé leur migration dans le cadre d’un projet pilote.

Pourtant, la demande en matière d’équipement open source est bien réelle: 70% des collectivités déjà équipées, et 38% de celles qui n’ont pas encore franchi le pas veulent accroître la présence des logiciels libres dans leur parc. 20% d’entre elles envisagent même une migration complète, selon l’étude.

Selon les utilisateurs, le principal avantage cité pour l’adoption des logiciels open source est la possibilité de les adapter à des besoins spécifiques ou de les combiner avec des systèmes propriétaires. Une meilleure interopérabilité est aussi citée. Enfin, l’argument du prix des licences reste évoqué pour favoriser un passage à l’open source: la moitié des personnes interrogées estiment que cela reste un poste de dépenses trop élevé.

Parmi les craintes évoquées, on retrouve encore le coût de la formation nécessaire à la maîtrise de ces nouveaux logiciels.

(*) Cette étude a été menée dans le cadre du projet FLOSS – POLS (Free / Libre / Open Source Software – Pols pour policy support), dirigé par l’Université de Maastricht et subventionné par l’Union européenne. Plus de 4000 collectivités ont été interrogées, dans 13 pays membres: Autriche, Belgique, République Tchèque, France, Danemark, Pays-Bas, Allemagne, Grèce, Italie, Pologne, Espagne, Suède et Royaume-Uni.
http://www.zdnet.fr/actualites/informatique/0,39040745,39282825,00.htm

Une réponse à “Les collectivités locales européennes adoptent l’open source”

  1. PèreNoel dit :

    Concernant l’open source et les logiciels libres dans l’administration ou ailleurs, , je me permets de publier le message d’un internaute envoyé au journal les échos . La DGCCRF et l’UFC que choisir se sont saisies du dossier . Ce dossier concerne aussi un autre sujet, celui des class Action des consommateurs . Quelle est la position officielle du PS sur ces deux sujets que sont « Ventes liée en informatique  » et « Class action » . Quel serait le calendrier d’actions en ce qui concerne ces deux sujets ?

    PS: La vente liée des logiciels ne concerne pas que le préjudice aux logiciels libres mais aussi le fait d’obliger plusieurs fois à acheter le même logiciel dès lors qu’il faut changer, réparer ou cèder son ordinateur car les principaux éditeurs considère que leurs licences considérées comme des services ne peuvent être revendues (pour soit disant lutter contre le piratage)

    http://forum.framasoft.org/viewtopic.php?p=180998#180998

    Bonjour,

    Lecteur des Echos de longue date, j’apprécie vraiment le sérieux et la qualité du journal.

    Je souhaitais réagir à l’édition du 30 novembre dernier qui faisait la part belle au lancement de Vista, le nouveau logiciel de Microsoft.

    Sans évoquer le fond des articles consacrés à ce lancement (1), je m’étonne que la publication à « la une » du journal d’un « camembert » illustrant les parts de Microsoft dans le marché des systèmes d’exploitation ne donne lieu à aucune réaction ni enquête de votre part.

    En effet, ce camembert figure :
    - en bleu médium, la part de Microsoft Windows dans le marchés des systèmes d’exploitation,
    - en bleu foncé celle de Linux,
    - en jaune celle de MacOS

    Bizarrement le camembert et quasiment entièrement bleu médium (Windows représentarait 95,9 % de parts de marché contre 1,6 % pour Linux et 2,5 % pour MacOS)

    Ce monopole de fait, assez inédit dans les autres secteurs économiques traités quotidiennement par le journal, et plus généralement en économie de marché, ne semble pas vous étonner le moins du monde, puisque vous ne relevez à aucun moment l’incongruité de la chose.

    Il me semble qu’il y a pourtant là matière à se demander, spécialement pour un journal qui se targue d’être « le quotidien de l’économie », comment une société peut parvenir à capter la quasi-totalité de la clientèle de son secteur en économie de marché.

    Il me semble que si les logiciels étaient chacun de qualité et que les règles de la concurrence étaient respectées, on aboutirait à un partage de marché beaucoup plus équilibré, comme dans les autres secteurs de l’économie…

    Personnellement je pense que les trois logiciels cités sont de qualité globalement équivalente (chacun ayant des qualités et inconvénients), ce que la lecture de la presse spécialisée tend à confirmer.
    En outre, il est peu probable que l’existence d’un marché aussi important n’ait pas conduit à l’émergence de produits de qualité équivalente, c’est à dire concurrentiels.

    Il est donc légitime de se demander si les règles de la concurrence sont bien respectées dans ce secteur.

    Sans revenir sur le jeu des pressions exercées par la société Microsoft sur les fabriquants d’ordinateurs révélées lors des procès anti-trust ou sur la puissance de feu commerciale et de lobbying de la société Microsoft, on pourra tout de même se demander si les liens commerciaux douteux tissés entre la société Microsoft et l’Education Nationale (qui font de cette dernière le meilleur agent commercial de la société Microsoft en accoutumant dès leur plus jeune âge les élèves de la République aux produits de la société Microsoft) (2) ou si la pratique – érigée au rang de système – de la vente liée, véritable racket organisé (3), ne permettent pas ensemble à la société Microsoft d’évincer artificiellement toute tentative de concurrence sur son marché.

    J’aurais pu également citer la tentative (en cours) de contrôle de la chaîne informationnelle par les formats fermés de la maison Microsoft : formats audio/video avec les codecs Windows Media Audio et Video et le système de gestion numérique des droits Windows Media Digital Rights Management, lancement d’un concurrent au format ouvert PDF d’Adobe, formats .doc et autres de la suite bureautique Microsoft Office (4)… Ces formats sont d’abord diffusés par Microsoft en prenant appui sur le monopole détenu par la société sur le marché des systèmes d’exploitations puis requièrent de façon discriminatoire le même système d’exploitation pour pouvoir être lus, ce qui permet de renforcer indéfiniment le monopole existant.

    Toutes ces méthode anti-concurrentielles sont éminnement néfastes à l’économie, spécialement à l’économie des pays européens sur lesquels elles font peser une lourde taxe prélevée par la société américaine Microsoft.

    Il me semble que l’incongruité du « camembert » publié méritait d’approfondir ces quelques pistes de réflexion.

    Cordialement,

    XXX

    (1)je ferai juste remarquer que certains articles ont été rédigés avec plus de sérieux que d’autres ; ainsi le volet « Enquête » page 9 omet de préciser que l’étude d’IDC citée à l’appui de Vista a été financée par Microsoft, ce que le volet « Technologies de l’information » page 22 mentionne fort à propos : la question de la pertinence de la source est essentielle à l’information.
    (2) http://richardcazenave.com/?2006/10/03/200-a-quand-l-education -nationale-sous-openofficeorg#c513
    (3)ayant donné lieu à une pétition « Non aux racketiciels » qui a déjà récolté 15.000 signatures, initiée par le groupe de travail Détaxe de l’Aful http://www.racketiciel.info/
    (4)notons, sur ce dernier point, que Microsoft a été récemment contraint d’ouvrir le format de sa suite bureautique qui lui a permis de conserver captive sa clientèle toutes ces années, pour pouvoir répondre aux appels d’offre des administrations soucieuses de la pérénnité de leurs documents électroniques – voir par exemple en France le référentiel général d’interopérabilité http://www.adele.gouv.fr/spip/article.php3?id_article=1064 . Plus généralement, sur la question de l’importance des formats ouverts, v. http://www.formats-ouverts.org/

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